
sortie mercredi 30 avril
Adapté du roman d'Auguste Le Breton
Les Hauts murs est adapté d'un roman aux résonances autobiographiques
d'Auguste Le Breton, alias "Monsieur Rififi", dont de nombreux ouvrages
- Bob le flambeur, Le Clan des Siciliens entre autres - ont déjà été
portés à l'écran.
Projet avorté de Marcel Carné
En son temps, le réalisateur Marcel Carné avait songé à adapter ce
roman d'Auguste Le Breton, mais le projet fut finalement abandonné.
Premier long métrage ciné de Christian Faure
Les Hauts murs est le premier long métrage ciné de Christian Faure, un
réalisateur qui a connu le succès sur petit écran avec les téléfilms
Juste une question d'amour (2000), Un amour à taire (2005) et Marie
Besnard, l'empoisonneuse... (2006).
Genèse du projet
C'est le producteur Jean Nainchrik qui a proposé cette adaptation à
Christian Faure. "Je connaissais Auguste Le Breton par les films tirés
de ses livres, mais pas Les Hauts murs, explique le cinéaste. J'ai
aussi découvert que c'était son premier roman autobiographique, qu'il
avait vraiment vécu tout ce qu'il racontait. Ce qui me plaisait dans ce
scénario, c'est qu'il traitait de l'enfance, et du passage à l'âge
adulte : j'appréciais le côté initiatique de cette histoire. Sachant
qu'il s'agissait de mon premier long métrage de cinéma, il y avait
aussi l'intérêt d'un projet que je pouvais maîtriser : doté d'un petit
budget, je pouvais profiter de l'unité de temps, de lieu et d'action.
Il y avait enfin le défi que représentait la mise en scène de
l'enfermement..."
Albert Algoud au scénario
A l'écriture de ce scénario participa le journaliste Albert Algoud,
également connu pour ses interventions mémorables aux côtés de Karl
Zéro et Antoine de Caunes dans l'émission Nulle Part Ailleurs sur Canal
+. Auteur de textes pour la télévision, il a été rédacteur en chef du
magazine Fluide Glacial, et collabore régulièrement au Canard Enchaîné.
Animateur d'une émission quotidienne sur Direct 8, on lui doit
également de nombreux ouvrages consacrés à l'oeuvre d'Hergé. Au cinéma,
il a signé les scénarios d'Un aller simple de Laurent Heynemann et du
Schpountz de Gérard Oury avant de travailler à l'adaptation des Hauts
murs.
Grâce à un audit...
Les Maisons d'Education surveillée ont été transformées ou rasées, mais
en 1930, une sorte d'audit a été commandée pour faire le point sur ces
établissements. Grâce à ce document, Christian Faure et son équipe ont
pu bénéficier de 200 photos d'archives, prises sur cinq maisons
différentes, qui leur ont servi pour les décors et les costumes. "C'est
d'ailleurs en voyant ces photos que j'ai constaté, par exemple, que les
enfants n'avaient pas la boule à zéro, mais un ou deux centimètres de
cheveux, explique le réalisateur. On y voyait aussi les différents
ateliers, les séances de gymnastique et les enfants dans la cour..."
Casting des ados
Christian Faure raconte comment s'est déroulé le recrutement des
adolescents : "Leur parcours personnel fait beaucoup pour la réussite
du film : Emile Berling, par exemple, dont c'est le premier film - et
qui a été recruté par casting - tenait énormément à le faire. Par le
métier de son père, il est très conscient des gens qui sur-jouent, il a
une véritable intelligence et un bel instinct du jeu. Quant à Guillaume
Gouix, il a un parcours atypique : c'est un comédien acrobate, qui fait
beaucoup de scène, et qui a une présence physique très forte, un vrai
côté Charles Vanel. Jonathan Reyes, de son côté, est assez proche du
personnage du Rat, de même que Fil de Fer, qui sait ce que sont les
problèmes de famille. Aucun d'eux n'est dans un système de vedettariat,
ils savent que cela n'est pas acquis, qu'il faut bosser et qu'il y a du
monde autour d'eux. Quant aux 80 figurants qui sont là en permanence,
nous les avons recrutés sur place : ce sont majoritairement des gamins
entre 16 et 21 ans, dont beaucoup sont au chômage, ou au RMI. Ils
étaient très disponibles, et surtout très investis : même celui qui se
trouve 10 mètres en arrière, et filmé de trois quart dos, joue comme
s'il était au premier plan ! Cela se sent dans le film, cela donne
beaucoup de vérité."
merci de m'avoir lu, Sylvie.